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LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

mercredi 20 septembre 2017

A New-York, Macron s'en prend à une journaliste et fait des généralités contre la presse

Des media français "totalement narcissiques", selon Macron taclant une journaliste et la profession

Macron n'aime pas plus les journalistes que l'ensemble des Français


A une journaliste qui lui demandait pourquoi il avait choisi de s'exprimer d'abord sur la chaîne américaine CNN
plutôt que sur un média français, Emmanuel Macron a répondu sèchement mardi, pendant sa visite à New-York.
"Je vous remercie pour cette question de fond", a ironisé le président, lors d'une conférence de presse donnée après son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU.

"Peut-être parce que les media français s'intéressent trop à la communication et pas assez au contenu",
Who is Brigitte Macron? https://t.co/PwTb7C9ReH
Les media doivent cesser de
traumatiser
les Français(es)
 a accusé l'ingrat, alors que cette presse trouve jeunesse et grâce à son épouse sexagénaire flétrie et vulgaire.

Les media français sont "totalement narcissiques"

"Je m'exprimerai devant les media français, mais quand je vois le temps passé, depuis quatre mois, à ne commenter que mes silences et mes dires, je me dis que c'est un système totalement narcissique", a-t-il estimé.

Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron ONU""Je suis aux Nations unies et une journaliste a proposé de faire une interview sur ma politique diplomatique, je l'ai faite", s'est-il justifié. 
Jeu des erreurs
"J'ai donné plusieurs interviews [en français, des 'entretiens'] à des media français. Mais compte tenu de la gravité des sujets, parlons des défis de la planète et arrêtons de parler de manière circulaire de la communication", a-t-il conclu.

Dans cet entretien dont il se targue mardi avec  CNN International, il a répondu sur sa diplomatie mais aussi sur la grogne sociale en France et sa baisse dans les sondages, de même que sur le couple qu'il forme avec son épouse Brigitte. Autant de sujets qui l'ont irrité sans qu'il passe ses nerfs sur la presse américaine.

Monsieur 24% n'arrête pas de critiquer vertement la presse française

Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron ONU"
Sur pilotis
Depuis son élection,  il fait son Mélenchon qui lui aussi refuse de répondre à certaines questions. 
Depuis quelques semaines, il s'exprime un peu plus dans les media, pour y faire de la pédagogie, puisque ses réformes passent mal. 
Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron et Melania a New York"
Besoin d'assistance ?
Il accuse d'ailleurs les Français de ne rien comprendre : ce sont des "illettrés", des "fainéants" et des "cyniques"...

Paradoxalement, dans son discours à l'ONU, Emmanuel Macron a plaidé pour la liberté de la presse dans le monde et réclamé la nomination d'un représentant des Nations unies chargé de la défendre. "J'appelle à la désignation d'un représentant spécial des Nations unies pour la protection des journalistes dans le monde [à commencer par la France ?] car rien ne saurait justifier la réduction de la liberté de la presse", a-t-il déclaré, pompeux poncif.
Narcisse n'a plus qu'à se regarder dans la glace et à montrer l'exemple... 

Rhône : on recherche une députée LREM fantôme

Après les coups de casques assénés par un élu macronien 'déséquilibré" sur un socialiste, une "fake news" ?

Les électeurs de la 5eme circonscription du Rhône sont en colère


Austère chignon, le temps de la photo
auprès de son gourou
Ils sont sans nouvelle de leur députée, Blandine Brocard, 35 ans, élue à la surprise générale, en juin dernier, face au député LR sortant, révèle LyonMag. Wauquiez l'a-t-il enlevée pendant son jogging ?

Trois actes de présence à l'Assemblée, entre le 11 et le 27 juillet... 
On a perdu de vue cette juriste et ancienne adjointe aux sports et aux ...loisirs de la commune de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (3.100 habitants), dans le Rhône. 

N'allez surtout pas croire que c'est une "fainéante"...
Sa famille n'a pas réclamé cette adjointe de mairie, membre d'une association des maires ruraux de France, et pourtant, elle est mariée et mère de trois enfants. Sa candidature avait été poussée par Renaud George, le maire de Saint-Germain-au-Mont-d’Or, allié de Gérard Collomb. 
"Je sais ce que ça veut dire de s’engager pour les autres, œuvrer pour l’intérêt général, faire qu’on vive bien, ensemble", affirmait la candidate. Elle s'est d'ailleurs démultipliée en affichant ses valeurs à grand renfort de ...hashtags sur Twitter : #CulturePourTous #Parité #Egalité #Fraternité #VivreEnsemble #Dialogue #Solidarité. Et ça marche, le populisme !

"Je ne ferai pas l'erreur d'être déconnectée des réalités,"  affirmait Blandine Brocard en campagne dans Le Progrès. 
Un article du site d'actualités locales Lyonmag a compilé les plaintes de ses électeurs. "Personne n’a vu Blandine depuis trois mois ; elle ne répond pas aux mails, elle n’a ni collaborateur ni permanence sur le terrain", note un marcheur interviewé par le média régional. Mangé par les lions ?


On rapporte toutefois qu'un quidam dit qu'un inconnu pense l'avoir reconnue à une réunion dans la ville de Caluire, le 10 septembre.

Cette défection et ce silence seraient-ils dus à son assiduité au Palais Bourbon ?

Selon le site "nosdeputes.fr", la députée de la 5e circonscription du Rhône se fait très ...discrète également en commission (des Affaires étrangères : son goût des voyages aux longs cours ?) et à l'Assemblée (Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes : pour combattre le harcèlement dont souffrent les femmes, elle travaille  à l'élargissement des trottoirs ). 



Est-ce à dire que cette élue au double visage a aussi séché le séminaire de mise au pli des députés ? 

Une conception agressive du mandat de député



Résultat de recherche d'images pour "Blandine Brocard LREM"
Elue en tenue, elle aussi, vaporeuse
Blandine Brocard est ...apparue et se révèle mordante sur les réseaux sociaux qui l'ont interpellée. 
"Rassurez-vous, beaucoup de choses sont en préparation, et c'est sur ces choses-là que nous travaillons avec mon équipe, quand l'agenda parlementaire nous en laisse le temps. Je ne fais pas d'effets de manche; ce n'est pas mon 'style', mais quand il faudra mordre, je mordrai, soyez-en certain", a-t-elle écrit sur son compte Facebook.
Les morsures, dans le Rhône, ils en redemandent...
Image associée
Les électeurs doivent-ils se rassurer d'avoir retrouvé la trace de leur députée ? Si, à la faveur des vacances estivales, leur députée en marche n'est pas en stationnement prolongé sur une plage ensoleillée, ses électeurs attendent toujours de pouvoir dialoguer avec leur représentante fantôme.
Après minuit seulement ?

mardi 19 septembre 2017

LREM adopte le style arrogant des cadres supérieurs d'entreprise au CAC 40

Macron impose des séances de 'team-building' à ses député(e)s

Pédant et arrogant,
le chef de l'Etat se prend pour un grand patron de multinationale et veut transformer la France en entreprise à l' américaine


Les députés LREM se retrouvent en séminaire lundi et mardi
Le nombre n'est pas une garantie de qualité
Humilié par les couacs et bourdes en rafales de ses bleus à l'Assemblée nationale, Macron veut prévenir les nouveaux errements de ses recrues, prétentieuses  mais incompétentes. Toujours pas jugés aptes, quatre mois plus tard, à suivre un 'colloque', les 314 députés LREM ont été convoqués en stage de formation initiale, pompeusement qualifié de 'séminaire'. Pendant deux jours, lundi et mardi, les élus de la majorité présidentielle, avec 75% de néophytes, ont été parqués aux Docks d'Aubervilliers en ...Seine-Saint-Denis.

Le parti du président a fait appel à un directeur de communication et à plusieurs spécialistes du management collectif pour renforcer la cohésion du groupe. A ce titre, ce "séminaire de cohésion" s’inspira directement des techniques de management entrepreneurial.



S'ils reconnaissent qu'ils ont besoin d'apprendre, leur patron Richard Ferrand, nie en revanche, non seulement ses mauvaises pratiques éthiques personnelles, mais aussi s'être laissé tromper par les grands airs de ses cadets. Critiqué pour son absence dans le débat politique et à l'Assemblée pour guider ces ignorants aux dents longues, il est également dans le déni des débuts catastrophiques des petits nouveaux qui n'ont pas craint un seul instant de s'improviser  président(e)s de séance, livré(e)s à eux-mêmes et ridicules au perchoir. "Nous estimons que le travail accompli pendant la session extraordinaire démontre que nous sommes en capacité d'agir. Le but, c'est que nous nous connaissions mieux", a commenté le chef du groupe de la majorité présidentielle... désigné par l'Elysée.

Ce tweet du président de l'Assemblée en dit déjà long sur le déphasage du souverain républicain :
Autre mauvais signal envoyé au peuple, dès la rentrée, c'est le jargon employé n'a pas manqué de choquer les 'vrais gens' que les américanismes rebutent et humilient, tant il est vrai que le 'team-building' (le 'développement de l'esprit d'équipe' n'est pas une terminologie assez 'glamour' pour un fan de Californie, en semaine, et de Las Vegas, en fin de semaine) ou le 'co-working' fait d'eux des étrangers dans leur propre pays.

Et puis,
autre erreur psychologique des parvenus au pouvoir, l'imitation des méthodes apparues Outre-Atlantique il y a maintes et maintes années, leur apparaît pour ce qu'elle est, une incohérence d'en haut où on prétend ringardiser l'"ancien monde" en bâtissant celui "de demain", avec de vieilles recettes.

Les députés LREM doivent revoir leur comportements et leur discours.
 

Après les cafouillages à répétition lors de leurs premières séances à l'Assemblée nationale, des "anciens" de la politique, tel le grâcieux Olivier Dussopt, lui-même ex-jeune du Palais Bourbon, étaient justifiés à  dénoncer le manque d'expérience de la nouvelle majorité et des ...flottements. Les impatiences d'un Dussopt ne s'expliquèrent pourtant pas temps par son expérience d'apparatchik et de professionnel de la politique que par son opposition de socialiste (Nouvelle Gauche) à la majorité...

VOIR et ENTENDRE l'étendue de l'inconscience des nouveaux venus sur leur niveau réel d'incompétence : 
video

Félicitations aux électeurs de la Vienne et aux "Jeunes avec Macron" : le député Sacha Houlié (LREM) décrochera le pompon en n'hésitant pas à trouver à sa convenance la manière dont sont menés les débats : si le qualificatif de "crevure" est peut-être excessif, celui de "godillot" n'est pas inapproprié.

Or, le jeune banquier a fait campagne sur sa volonté de renouveler la classe politique du pays notamment en ouvrant davantage d'espace aux acteurs de la société civile. Un rêve de débutant qui a gravement sous-estimé les dommages prévisibles sur l'image et la qualité du travail de l'institution causés par leur impréparation à des tâches spécifiques requérant des connaissances et des aptitudes particulières: certes, la faillite de l'Etat est inconcevable, mais la France n'est pas une start-up qu'on peut lancer avec des aides et qu'on puisse fermer avec des pertes. 

L'aveu d'un assemblage hétéroclite

Aussi, pour adapter au mieux les députés de sa majorité au milieu et à leur mission, Emmanuel Macron a pris les grands moyens,  leur imposant à tous des séances de 'team-building', une mise sous perfusion autoritaire des élus aux codes de l'entreprise. Au programme, une première journée presque entièrement dévolue au 'co-working", soit, en français prosaïque et ringard, du "travail en équipe", clame les snobs du groupe parlementaire.

"Se rencontrer et commencer à construire une aspiration de groupe", se gargarisent-ils, clairement déficients dans ces domaines. Leurs électeurs savent-ils en outre qu'ils en sont encore à s'interroger sur "mon rôle et mon ambition de député LREM" ?…

Les intitulés des débats sont des copiés-collés de séances de team building en entreprise, et LREM assume, non sans vanité, comme il assume ses plagiats du logo de JO-Paris 2024 ou l'imitation servile d'un artiste italien à l'occasion des Journées du patrimoine à l'Elysée. 
"Il faut des moments de cohésion", explique Hervé Berville, d'origine rwandaise, député  des Côtes-d'Armor et porte-parole du groupe parlementaire, avouant, en creux, un déficit paralysant l'activité parlementaire. 
Et comme dans les séminaires d'entreprise, les députés seront conviés en fin de journée à un apéritif, puis un dîner, avec la présence physique d'Édouard Philippe et de l'ensemble du gouvernement, et une soirée festive.
 
Des ateliers de ré-éducation et de formatage de godillots

La reconversion des entrepreneurs en députés a fait apparaître en effet un fort besoin de préparation des plus éloignés de la chose publique  aux us et coutumes du Palais-Bourbon, en sorte de ne pas renouveler les dérapages en séance.  

La seconde journée sera réservée à l'initiation au travail parlementaire, notamment sur les textes de loi que l'Assemblée nationale examinera prochainement et dont ils devront à leur tour faire la pédagogie et la promotion. Emmanuel Macron a promis aux Français de réformer la France et de la réformer vite. Or, les sujets sont lourds : projet de loi antiterroriste, projet de loi de finances 2018, financement de la Sécurité sociale…

Vademecum et prémâchage
Il est urgent de rendre puceaux et pucelles opérationnels. 
Macron redoute que ses députés ne maîtrisent pas les règles parlementaires incontournables  (dont ils s'étaient affranchis par ignorance, autant que par arrogance juvénile entretenue par les nouveaux-venus aux manettes), pour faire adopter les textes de la majorité sans douleur, ni accrocs. 
Finis les balbutiements et les plantages ? 
Des ateliers par groupe visent à la parade, "Comment être meilleur sur un dépôt d'amendement", par exemple, et à permettront donc de travailler à l'amélioration des techniques parlementaires. Leur arrogance initiale ne les a donc pas quittés, puisque les apprentis prétendent toujours changer le monde, avant même d'en connaître les arcanes.

Ces "green horns" 😉 ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs prétentions.
Richard Ferrand avait brûlé les étapes en les jugeant sur leur bonne mine et leur faconde.  Or, ils ont besoin d'une formation intensive d'urgence. "Ces deux jours ensemble vont contribuer à construire une culture commune et à nous saisir en profondeur des grands textes au programme", affirme-t-il à l'hebdomadaire. Tout était ainsi à faire...

Les difficultés de macroniens au "vivre ensemble" à l'Assemblée.

En permanence sous pression, François Ruffin (LFI) implose : "On est dans Le Parrain ou on est dans une commission d'audition à l'Assemblée nationale ?" L'élu se scandalise de la désinvolture et surtout du refus de répondre de Maxence Bigard... qui ne digne pas répondre quand on l'interroge. Le député PS Dominique Potier appuie son collègue - "La civilité des réponses, dans une commission des Affaires économiques, j'ai cinq ans de retour, c'est la première fois que je vois cette attitude !". Las, le cadre du géant de la viande demeure insolemment muet.

VOIR et ENTENDRE l'exaspération des représentants de la nation en commission parlementaire où les élus du parti du président ne parviennent pas à se faire respecter, comme ce fut le cas par Maxence Bigard :

Les oppositions de droite comme de gauche soupçonnent Emmanuel Macron de vouloir recadrer sa majorité 


Du côté du groupe LREM, on se veut confiant, le maître-mot actuel, alors que les sondés successifs lui retirent leur confiance
à l'approche d'une fin d'année parlementaire qui promet d'être mouvementée. "On est perfectible (…), mais ce séminaire n'est en aucun cas un recadrage. Plutôt une montée en puissance", se défend Hervé Berville.

A l'issue du séminaire gouvernemental lundi à l'Élysée, Emmanuel Macron a adressé à ses jeunes recrues un message d'encouragement à se mettre en ordre de bataille pour mieux défendre la "cohérence" des réformes. "Le président nous a encouragés à être pédagogues, à être clairs, à donner du sens à ce que nous faisons", a résumé le premier ministre Édouard Philippe. A preuve qu'étaient donc très justifiées les critiques de l'opposition qui a jusqu'ici recherché cette cohérence et ce sens dans l'action gouvernementale.

"Il est évident qu'en matière d'explications, de pédagogie, de débats, on n'en fait jamais assez", a-t-il insisté, alors qu'ont émergé de leur flou les cinq ordonnances sur la réforme du droit du travail, premier grand chantier social du quinquennat Macron. Les grands et petits entrepreneurs de la Macronie sont donc mobilisés, piétaille y compris, après un été marqué par une communication déficiente qui a tendu à l'opposition les bâtons pour se faire battre, par exemple quand il s'est agi de riposter à la baisse des APL, et bientôt aux sénatoriales.
Pas plus que le trouble Richard Ferrand, l'incertain Edouard Philippe n'est lui-même exempt de tout reproche, après une rentrée médiatique jugée décevante par plusieurs députés de La République en marche, car brouillonne. 

video

Vers un prochain "séminaire" à l'attention des membres du gouvernement ? 

Souffrant également d'inexpérience politique, certains ministres sont dans le collimateur de la paire exécutive, lui-même peu aguerri : Philippe n'a jamais été ministre et le banquier Macron n'a que deux ans de pratique.  
Il n'empêche que le président, contesté dans les sondages de confiance et dans les manifestations syndicales de rue il y a d'abord l'incapacité de  et parlementaires à inscrire des réformes prises isolément dans "le dispositif global" du programme présidentiel, dixit un député de la majorité. "Ce que nous voulons, c'est que les Français comprennent pleinement, pour ensuite juger, la totalité de ce que nous voulons faire, la cohérence, le sens", a abondé le Premier ministre lundi. 
Non seulement les Français sont des "fainéants", mais ils sont lents à comprendre...

lundi 18 septembre 2017

Volonté de brûler du flic : les "antifa" dénoncent un "dossier politique"

L'extrême gauche menace des policiers de mort par le feu : les 'antifa' plaident un ...complot politique

Deux policiers ont échappé à la mort dans les flammes de leur véhicule de fonction  en 2016 à Paris, en marge au cours d’une manifestation "anti-fasciste" contre la loi travail. 

La voiture de police incendiée le 18 mai 2016 quai de Valmy.

Les "antifascistes" utilisent leur procès comme tribune pour manifester contre "la répression policière" supposée.
Les ultras de l'extrême gauche violente et le collectif Libérons-les font monter la pression devant le tribunal correctionnel de Paris, le mardi 19 septembre, avant même l'ouverture du procès de l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy, en 2016. Neuf personnes sont poursuivies pour des faits de violences et de dégradations aggravées. La violence des images est restée dans les mémoires : à l'occasion d’une manifestation interdite en plein mouvement contre la loi travail, le 18 mai 2016, plusieurs activistes masqués avaient attaqué deux policiers (Allison B. et Kevin P.) dans leur voiture de patrouille. 

L'action préméditée avec intention de donner la mort ne faisait pas de doute.
Un jet de fumigène à l’intérieur de l’habitacle avait mis le feu au véhicule. Les deux policiers avaient réussi à s'extraire de leur véhicule et avaient échappé à la mort carbonisés, mais la scène, impressionnante de cruauté, avait largement été relayée dans les media dans le monde entier. 

Très vite, le gouvernement s’était saisi de cette atteinte aux forces de l'ordre. Alors chef du gouvernement, Manuel Valls avait ainsi appelé à des sanctions " implacables" contre ceux qui "veulent se payer un flic". Le Parquet avait aussitôt ouvert une enquête préliminaire pour tentative d’homicide (sur personne dépositaire de l’autorité publique), une qualification criminelle passible des Assises

De premières interpellations avaient eu lieu  dans la mouvance "antifasciste", en fait anti-libérale, sur la base du témoignage d’un policier des renseignements généraux. Au final, l’instruction n’a pas caractérisé l’intention d’homicide. 
Le journal Libération, sous la plume d'Ismaël Halissat, affirme en accroche : "L’instruction, menée sous pression politique, est critiquée par la défense [...] pour ses erreurs et péripéties."
Ce journaliste rappelle ainsi les faits : 
"des projectiles lancés par des manifestants, aux visages dissimulés, contre des policiers coincés dans leur voiture"
"Affaire du Quai Valmy" ?
Ou haine anti-flic avec tentative d'homicides ?
"Jusqu’à un fumigène qui déclenche un feu [origine?). Puis l’un des agents qui, en prenant la fuite après avoir reçu des coups, alors qu’il était au volant, se protège à mains nues contre un assaillant armé d’une tige en métal. Et quelques minutes plus tard, la carcasse du véhicule calcinée par le feu, plantée au milieu de la chaussée."  
Style ...dépouillé, approche distanciée ! Mais l'auteur de l'article peut se montrer plus précis et impliqué  : "Ce 18 mai 2016, des policiers manifestent sur la place de la République contre "la haine antiflic' à l’appel du syndicat Alliance, classé à droite."
Il poursuit : "Allison B. s’en sort avec trente jours d’ITT, dus en grande partie au choc psychologique, tandis que les blessures de Kevin P. justifient dix jours d’ITT.
Dès les premières heures, l’enquête prend une tournure politique. [Après avoir cité Manuel Valls, alors Premier ministre, il désigne le ministre de l’Intérieur] Bernard Cazeneuve veut, lui, mettre "hors d’état de nuire" les "casseurs" ". Les criminels ne sont plus des activistes d'extrême gauche mais des "casseurs" incontrôlés, en marge de la manifestation. Il en est de même avec les terroristes qui ne sont pas des islamistes, mais des "déséquilibrés"...

Les "antifa" dénoncent un "dossier politique" 
L'antifascisme prend forme dans les années 1920 et se développe avec la montée du fascisme en Europe. Il a connu un très fort développement au cours des années 1930 et avec la formation des Fronts populaires, puis pendant la Seconde Guerre mondiale dans des mouvements de résistance aux dictatures fascistes et nazies.Le terme d'antifascisme a très tôt été instrumentalisé par les partis communistes, puis différents partis d'extrême gauche, pour combattre leurs adversaires politiques, proches ou lointains sur le plan idéologique, voire tout opposant critique. Certains analystes, de gauche (Furet) comme de gauche, parlent de terrorisme intellectuel concernant l'instrumentalisation manichéenne de l'antifascisme par les communistes français qui amalgamaient tout anticommunisme au fascisme. Une forte tendance qui perdure dans les media et encore plus sur les réseaux.
En France, Lionel Jospin qui fut trotskiste, premier secrétaire du PS en 1981 et durant tout le premier septennat de François Mitterrand, puis ministre du gouvernement sous le second, déclara en 2007 que :
"Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n'avons jamais été face à une menace fasciste; donc tout antifascisme n'était que du théâtre, nous avons été face à un parti – le Front national – qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste."Pour Pierre-André Taguieff, philosophe issu de l’anarcho-situationnisme (Internationale situationniste, IS, une organisation révolutionnaire), et politologue (directeur de recherche au CNRS attaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris), l'indignation des antifascistes vis-à-vis de certaines dictatures serait davantage motivée par des motifs politiques (anarcho-révolutionnaires) que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs.
Action antifasciste Paris-Banlieue, créée en 2012, serait en France le groupe qui compterait le plus de militants antifa à Paris, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des Princes. Elle s'est révélée au grand public en juin 2013 avec l'affaire Clément Méric, l'un des siens (également membre de Solidaires Étudiant-e-s, issu de la Fédération SUD Étudiant et de la Fédération syndicale étudiante, FSE -anti-capitaliste, laïc, anti-sexiste, anti-impérialiste et pro-palestinien-, qui se revendiquent tous deux du syndicalisme de lutte) en coordination étroite avec le Collectif antifasciste Paris Banlieue.
La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène "skinhead de gauche" et à la mouvance Redskin (skinheads communistes, trotskistes, communistes libertaires, autonomes…) qui en est la fraction la plus politisée.
La plupart des prévenus ont été placés en détention préventive, comme Antonin Bernanos, qui est resté dix mois en prison avant d’être remis en liberté. Ce dernier, porte-voix des 'antifa' dans ce procès, a toujours nié sa participation aux violences qui lui sont reprochées. Trois des neuf prévenus ont reconnu, en revanche, leur implication à des degrés divers. 
"Les investigations sont tout de suite orientées par l’audition d’un témoin au nom particulier, estime Libération : «142». Cette déposition anonyme va être décisive lors du début de l’enquête et conduire, quelques heures après les faits, à l’interpellation de quatre manifestants. «142» explique aux enquêteurs qu’il a entendu des «provocations verbales envers les policiers» et vu «des manifestants commencer à s’équiper et à se dissimuler le visage». Ce témoin est même capable d’identifier quatre personnes : les deux frères Bernanos (Antonin, 23 ans, et Angel, 19 ans, arrière-petits-fils de l’écrivain), Bryan M., 24 ans, et Leandro L., 32 ans. Il assure qu’Antonin Bernanos a brisé la vitre arrière de la voiture de police avec un plot métallique et a asséné les coups à la tête reçus par Kevin P., alors qu’il se trouve encore à l’intérieur. «142» identifie aussi formellement Angel Bernanos, Bryan M. et Leandro L. parmi les manifestants, sans être capable de préciser le rôle de chacun. On apprendra au hasard d’une erreur de procédure que ce témoignage sous X est en réalité celui d’un policier des renseignements de la préfecture de police." Suspicion sur la faculté à témoigner d'un professionnel du Renseignement ? Les parents et les voisins des agresseurs sont-ils mieux qualifiés ? 
Selon les antifascistes et le collectif Libérons-les, ces poursuites font partie d’une volonté du pouvoir de criminaliser le mouvement social

Pour eux, la manifestation était une réponse légitime au rassemblement des policiers le même jour "contre la haine antiflics", où sont venues "des personnalités de la droite extrême, chaleureusement accueillies", comme " Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen ou Eric Ciotti". 

Politisation? Vous avez dit politisation ? Qui politise?
La défense veut développer les actions communes avec les collectifs qui se multiplient contre les bavures policières dans les quartiers populaires, notamment autour de l’affaire Adama Traoré, un jeune homme mort à 24 ans, lors de son interpellation par des gendarmes en juillet 2016 dans le Val-d’Oise. 
"Il faut travailler cette question de convergences. Cela ne se fera pas via une intégration dans nos luttes, mais en respectant leur autonomie et leur grille de lecture même si elle peut différer en de nombreux points", insiste Antonin Bernanos. 
Dans cette démarche, les antifascistes sont de moins en moins isolés. Un appel à rassemblement le 19 septembre à 19 heures devant le palais de justice et à se rendre tous les jours au procès, a été publié par le Front social, coordination issue du mouvement contre la loi travail. 

Plusieurs personnalités de gauche – qu'on ne retrouve côte-à-côte que dans les luttes contre les institutions – l’ont signé. C’est le cas, entre autres, de la députée (La France insoumise) de Paris Danièle Obono, d’Olivier Besancenot, de Frédéric Lordon, économiste et ­figure du mouvement Nuit debout, ou encore de la controversée Houria Bouteldja, présidente du Parti des indigènes de la République, formation identitaire et postcoloniale dont le discours ­racialiste suscite de plus en plus le malaise à gauche. 
Du côté des ­organisations signataires, on trouve, entre autres, l’Union syndicale Solidaires, Alternative ­libertaire, les maoïstes de l’OCML-VP ou encore le NPA. 

La gauche radicale travaille à perturber la sérénité de l’audience. 
Ce procès se déroule en outre dans un contexte de rentrée sociale avec des manifestations au cours desquelles des affrontements entre forces de l’ordre et "black blocs" (des militants violents d'extrême gauche intégralement vêtus de noirs se réclamant de l’antifascisme, de l’anarchisme ou de l’autonomie) pourraient entrer en résonance avec les faits du 18 mai 2016.
Des militants du syndicat de police Alliance, qui s’est constitué partie civile, devraient être présents et soutenir les deux victimes.  

L’avocat d’Antonin Bernanos, Arié Alimi, entend développer la dimension inévitablement politique de l'affaire quand des fonctionnaires de police sont attaqués dans l'exercice de leurs fonctions et en temps d'état d'urgence : "La politique du maintien de l’ordre a été modifiée. Avant, on tenait les manifestants à distance en faisant le moins de victimes possible. Désormais [sic], on rentre dans le rapport de forces [dans lequel les forces de maintien de l'ordre étaient désarmées]. Il y a une volonté de décrédibilisation et de criminalisation du mouvement social".
Résultat de recherche d'images pour "potelet"Libération affaiblit les accusations de la défense.
"Le jour même de l’agression, les quatre jeunes hommes sont interpellés et placés en garde à vue. Leurs logements sont perquisitionnés. Sont saisis pêle-mêle chez les frères Bernanos : «un masque à gaz», «un poing américain, «des autocollants antifascistes», «248 tracts et 24 affiches», «4 protège-tibias, «5 petites bouteilles de gaz de camping», «7 blousons noirs à capuche».
"
Les enquêteurs sont convaincus de la culpabilité d’Antonin Bernanos, après l’exploitation des images vidéo. Couleur du caleçon, marque des chaussures, sac à dos, deux formes dans les poches du pantalon, deux anneaux aux doigts et des cernes au visage : tout a été passé au crible. Après dix mois en détention provisoire, il est finalement libéré à la suite d’un bras de fer judiciaire avec le parquet de Paris qui s’y est systématiquement opposé."
Le 8 juin 2016, Nicolas F., 41 ans, est ciblé après plusieurs recoupements et interpellé à l’occasion d’un nouveau rassemblement. Lors d’une audition le mois suivant, il reconnaît être l’auteur des coups avec la tige en métal. Il explique «avoir pété les plombs» et avoir frappé le policier «en espérant qu’il s’en aille». Les policiers vont identifier d’autres suspects avec la même recherche sur vidéo.
Thomas R., 20 ans, dont l’exploitation du téléphone mobile indique qu’il avait été
 «en contact avec Antonin Bernanos et Bryan M.», est interpellé le 28 septembre 2016. Lors d’une audition deux jours plus tard, il reconnaît avoir porté des coups dans le véhicule et «avoir fait un signe de victoire en partant». Kara B., 28 ans, soupçonnée d’avoir lancé un plot contre la voiture, est interpellée le 24 mai, «avec la même tenue vestimentaire que lors de la manifestation du 18 mai». Lors d’une audition en juillet 2016, elle reconnaissait également sa participation, s’estimait «désolée» et se jugeait «stupide».  

Résultat de recherche d'images pour "potelet"Ari R., 30 ans, est également poursuivi pour avoir brisé la vitre arrière droite du véhicule avec un potelet. Là aussi, les policiers s’attachent à constituer un signalement physique pour l’identifier. Il est interpellé le 7 février 2017 mais refuse au cours des différents interrogatoires de s’expliquer sur les faits. Chez lui est saisie une affiche «Tout le monde déteste la police» comportant une référence à l’affaire du quai de Valmy, se réjouissant que «leurs voitures partent en fumée», notent les magistrats. Nicolas F., Ari R. et Kara B. sont en détention provisoire depuis la date de leur arrestation.Le dernier suspect, Johachim L., 28 ans, est, lui, toujours dans la nature. Il est pourtant soupçonné par les policiers d’être le lanceur du fumigène qui déclenche l’incendie dans la voiture. De nationalité suisse, il est identifié «avec certitude» par les autorités de son pays à l’aide de comparaisons photographiques. Visé depuis par un mandat d’arrêt, il ne se présentera sûrement pas à l’audience." 
"Dans cette affaire, il y a eu la volonté de trouver des coupables très rapidement par un ciblage arbitraire sur la simple base de renseignements de la préfecture de police de Paris", estime Arié Alimi, avocat d’Antonin Bernanos. 
De quoi, en effet, la police se mêle-t-elle ?...